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L’Unité dans la Diversité
Article : Le Tandem fait le Paris-Dakar
Culture
6
18 mai 2013

Le Tandem fait le Paris-Dakar

Architecture Paris panneau
Architecture 2000-2012, Paris                                         NathyK ©

Culture, numérique, réunions pensantes… Dakar est bien le centre intellectuel attitré de l’Ouest africain depuis plusieurs années. Rien d’étonnant que le tandem parisien accélère sa course au cœur de la capitale de la Téranga, que le secteur des Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication (NTIC) gagne des adeptes et que des grands penseurs africains se retrouvent autour d’un coin de feu pour discuter d’une Afrique meilleure.

Par manque de temps, je n’ai pu prendre part qu’à deux activités supplémentaires depuis lors.

Premièrement, il y a eu le film Aujourd’hui, un drame franco-sénégalais de 88 minutes, sorti en 2011, mettant en scène Saul Williams et Aïssa Maïga. Cet Étalon d’or du Yennenga Fespaco 2013 ne m’a pas du tout emporté. Et dire que le résumé me laissait rêveuse avec son effet suspens garanti :

« Dakar, la ville familière, grouillante, colorée… La famille, les amis, son premier amour, les manifestations, ses aspirations… Aujourd’hui Satché doit mourir. Il a été choisi. Aujourd’hui Satché vit comme il n’a jamais vécu. »

Faute aux taxis « très compétents » de Dakar, nous avons raté ce qui semblait être la solution de l’énigme : le début. Tout ce que j’ai trouvé d’accrocheur sur ce film, c’est la scène de séduction un peu sado-maso avec cette femme toute puissante, consciente de sa splendeur, qui demandait à l’acteur principal – un homme essoufflé comme si le diable lui avait pris tout ce qu’il avait de précieux – comment se porte sa femme. La féline était tellement provocante et malicieuse que j’ai cru que l’on aurait une histoire là-dessus, mais que d’illusions !

La mine effarée ou plutôt désespérée de ce type m’a laissée pantoise tout le long de la projection et après quelques sacrées minutes d’assoupissement, je me suis levée en pleine forme devant un écran tout noir. Je regrettais déjà mon argent de takesh*. Le comble est que, mes amis sur lesquels je comptais pour éclairer ma lanterne étaient encore plus perplexes que moi.

J’eus plus de chance avec l’exposition 100% Paris, architecture-urbanisme 2000-2012. C’est en allant prendre un Ndiaga Ndiaye à la sortie des cours de Neuro-physiologie que je suis tombée sur les panneaux d’expo, dressés autour du parc du campus de l’Université Cheikh Anta Diop. Wow, pour une fois que le Tandem venait à moi sans efforts !

Malgré le crépuscule qui se pointait déjà, je pus lire que Paris est classée première ville-campus du monde devant les grandes cités universitaires que sont Londres et Boston ; qu’il y a eu d’énormes investissements dans les logements sociaux depuis les années 2000 et que l’accent est désormais mis sur la préservation de l’écosystème notamment avec les jardins sur les toits d’immeuble, entre deux bâtiments ou encore à l’intérieur de cet hôpital dont j’ai oublié le nom.

Vous excuserez ma fatigue une fois de plus. Néanmoins, je vous retransmets l’essentiel de ma visite en images (cliquez dessus pour les agrandir) :

Logements sociaux paris
L'université dans la ville de Paris
Ecole d'architecture Paris
Restaurant Garnier
Showroom Citroën Paris

Au moment où les conférences et ateliers organisés par la Cantine et Jokkolabs s’achèvent (11 au 18 mai), on retient de ces espaces d’émergence et de créativité, des nouveaux concepts que sont le coworking et l’Open Source.

En effet, la Cantine et Jokkolabs sont des incubateurs ou des « catalyseurs d’écosystème d’innovation numérique et d’entrepreneuriat » de leur territoire respectif (la France et le Sénégal). Et pour avoir visité les locaux de l’incubateur sénégalais en mi-avril, je peux dire que j’ai été très impressionnée par cette nouvelle façon de travailler.

Être incubé, c’est être son propre chef et être accompagné en même temps dans les étapes cruciales du développement de son entreprise. Pour des explications exhaustives, je vous invite à visiter le site de Jokkolabs et pourquoi pas à prendre part aux futurs évènements numériques et entrepreneuriaux.

Les programmes du Tandem à venir et à ne rater sous aucun prétexte, sont :

  • en entrée libre, au théâtre de verdure de l’Institut Français de Dakar Quand j’étais blanche de Fatima Ndoye, le 30 mai à 21 h. C’est un « solo chorographique sur le thème du métissage qui retrace le parcours d’une femme à la rencontre de ses racines ».
  • en entrée libre, au théâtre de verdure de l’Institut Français de Dakar, un dialogue de titans entre l’historien camerounais Achille Mbembe et son homologue sénégalais Ibrahima Thioub, le 31 mai à 19 h. Le thème choisi est : « les études postcoloniales et la longue durée de l’histoire africaine ».
  • en entrée libre, à la biscuiterie de Médina, la scène slam et hip-hop avec pour la première fois à Dakar le célèbre slameur français Grand Corps Malade, le 14 juin de 21 h à 2 h.
  • en entrée libre, à l’Institut Français de Dakar, la clôture de la Dakar Fashion Week, le 23 juin de 11 h à 20 h. Une contributrice de marque de cet événement mode est la talentueuse créatrice d’origine camerounaise Virginie Ayissi.

Voilà ! Du cinéma au numérique, le Tandem Dakar-Paris est un bouquet d’activités instructives et accessibles. Venez-y faire un tour et vous rentrerez chez vous enrichis.

NB : si vous ne savez toujours pas comment faire pour vous déplacer à Dakar, téléchargez l’application Ndakaaru, disponible sur Android et bientôt sur IOS.

* : taxi en camerounisme.

~°~

NathyK

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Article : L’anéantissement
Coin Poésie
2
12 mai 2013

L’anéantissement

Les Merveilles de la Nature/Wonders of Nature

La horde des âmes falotes,
L’air hagard,
Déambule,
Au milieu de nulle part,
Le monde !
Les reines du firmament,
Les étoiles de l’amour,
Les vertus accourent,
Se fondent dans la masse
Personne !
Elles se meuvent sans bruit,
Le retour bredouille,
Au royaume de l’Esprit.
N’osant dévoiler,
Le secret caché,
Des cœurs flétris.

~°~

NathyK

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Article : De l’Art pour guérir
Santé Mentale
7
9 mai 2013

De l’Art pour guérir

Arts plastiques
Materiel, Atelier d’Art-thérapie CHNU Fann                                  NathyK ©

Mercredi 08 mai 2013, il est 10 h 30. Une petite pause s’impose. Je fais un petit détour à l’atelier d’expression RESCAP’ART, du service psychiatrique du CHNU de Fann. Cette salle est située au rez-de-chaussée gauche de la Clinique Moussa Diop. Chaque fois que j’y entre, je m’évade instantanément.

La musique jazzy passe dans les airs. La dernière fois, j’ai eu droit à un morceau du célèbre chanteur camerounais Daouda. C’est gai. J’ai tout de suite envie de décompresser. D’ailleurs, j’y retrouve deux de mes collègues de division : l’un s’exerce au piano et l’autre contemple les tableaux. Je leur lance un regard complice. La relaxation est bien là.

Barry* et ses amis préparent du thé Ataya sur une mini-gazinière. Ça piaille, ça rit. L’ambiance est bon enfant. L’atmosphère est free, libre comme pour inspirer les artistes. Au centre de la pièce, Malik* se concentre pour finir son tableau. Il l’a commencé il y a trois semaines et aujourd’hui il s’attarde sur les finitions. Il peaufine. Comme je m’intéresse à lui, il accepte de se détacher quelques minutes de son œuvre pour satisfaire ma curiosité.

« Sur ce tableau, j’ai peint, deux bouquets de roses géantes, disproportionnées par rapport à la taille de l’homme qui est à côté. Cet homme est un chanteur. Il est seul. Son orchestre, ce sont ces fleurs. C’est pour symboliser la place importante de l’amour. Et en bas, les pétales qui tombent, signifie l’évolution dans le temps, qui laisse des traces, des fruits… »

Je voyage dans les pensées de Malik et j’essaie de comprendre ce qu’il veut me dire. Il sourit quand je lui demande ce que l’art-thérapie lui a apporté. Toujours disposé à répondre, il dit :

« L’art-thérapie m’a apporté de l’assurance. Je ne m’empresse plus. Ça me permet de rester concentré dans ce que je fais. Par exemple, si je change seulement la couleur sur cette partie du tableau, ça me forcera à modifier beaucoup d’autres détails. C’est pourquoi je dois rester calme quand je fais un mélange. L’art-thérapie me permet donc de canaliser mon énergie et de l’utiliser à la bonne dose. »

Je lui demande comment il est entré en contact avec ce groupe et il me répond :

« Je suis suivi à la consultation externe du service depuis plusieurs années. Comme j’ai étudié la technologie et que je faisais beaucoup de dessin sur papier à la maison, le médecin m’a proposé de visiter cet atelier. J’ai beaucoup aimé et je suis resté. Je dirige un cabinet d’audit et de contrôle de gestion, mais deux fois par semaine, je viens ici. Dès que commence, j’oublie tout, je me détends. »

Je remercie Malik et le laisse à ses gouaches. Au fond de la salle, le professeur d’art-thérapie, Mr Alassane m’invite à le rejoindre. Ça tombe bien parce que j’ai prévu de m’entretenir avec lui.

[soundcloud url= »https://api.soundcloud.com/tracks/91415986″ params= » » width= » 100% » height= »166″ iframe= »true » /]

L’appel est lancé.

Je quitte l’atelier, inspirée et revivifiée. Et il y a cette idée qui illumine mon esprit : « l’écriture à laquelle nous nous adonnons, tous les jours, c’est aussi de l’art-thérapie. Ça donne le courage à Fatouma de résister face à son Mali chamboulé, la force à  Mamady de subsister loin des siens et l’espoir au blogeur centro de vivre dans un Centrafrique pacifique. »

~°~

NathyK

* : les noms ont été changés pour préserver l’anonymat.

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Article : Liebster Award : le prix du blog le plus aimé
Mémoires
14
8 mai 2013

Liebster Award : le prix du blog le plus aimé

Liebster Award
Liebster Award

Merci à David Kpelly et à Ameth Dia de m’avoir offert deux Liebster Awards !! Pour écrire dans des proportions acceptables, je vais donner la priorité à l’aîné.

David Kpelly est un grand frère extra, un togolais qui vit au Mali, fou à volonté. Il a une langue très aiguisée, elle découpe tous les jours et dans tous les sens un certain Faure. Heureusement que Ruth sa fiancée sait comment faire pour le maîtriser  Comme il m’a Liebster taguée, je suis obligée de me livrer. Capitaine David, pour toi, je me rends.

Voici les règles :

  1. mettre un lien vers le blog qui vous a nommé ;
  2. chaque personne doit écrire 11 faits sur elle-même ;
  3. répondre aux questions que la personne qui l’a tagué a postées  et créer 11 questions destinées aux personnes qu’il veut nommer ;
  4. choisir 11 personnes et mettre un lien vers leur blog ;
  5. les en informer sur leur page ;
  6. ne plus nommer la personne qui vous a tagué.

11 Faits sur moi-même :

1- Je me prénomme Céline Nathalie. Céline parce que, à l’époque de ma conception, mon papa vivait au Canada et mes deux parents aimaient beaucoup la chanteuse Céline Dion. Mon père a encore ses 33 tours. Les chansons de Céline m’ont bercé et franchement c’est ma number one, je l’adore tout simplement.

2- Quand j’étais à Madagascar, ma cousine m’a surnommé « Citie-phone ». « Citie » parce que, diminutif de « citoyenne », à cause de ma facilité à m’ouvrir aux autres et à embrasser d’autres cultures et « phone » parce que j’étais scotchée en permanence à ce tout petit écran ; les mails, les chats, les SMS, les appels, les articles, les blogs… bref c’est pour moi un symbole d’ouverture au Monde, mon outil de communication préféré.

3- Une qualité : la gentillesse.

4- Un défaut : toujours en retard ! Pourtant je me lève très tôt… j’ai la fâcheuse habitude de me dire qu’il y a toujours du temps. Je prends aussi tout mon temps quand je me mets à quelque chose mais au moins, je le fais avec minutie.

5- Mes mentors : mes parents. J’admire beaucoup leurs qualités. Je me dis que si j’ai seulement la moitié de leur force, de leur intelligence et de leur dynamisme, alors je pourrais devenir une grande dame !

6- J’aime beaucoup danser et j’apprécie les plaisirs de la table. Ça m’a valu d’autres surnoms, mais je ne vous les dirai pas 🙂

7- Née un 19 Mai, je suis Taureau. Une vraie des vraies : fidèle en amour comme en amitié, entêtée, chaleureuse et facile à vivre.

8- Mon chiffre préféré, c’est le 19. Beaucoup de coïncidences et de significations très personnelles…

9- Mon plus grand atout dans le blogging : la curiosité. Mon esprit inquisiteur me permet de m’ouvrir, de questionner, de réfléchir, de rechercher, de découvrir et d’apprendre. C’est cette curiosité qui m’a amené récemment à m’intéresser aux Techniques de l’Information et de la Communication (TIC).

10- Ma plus grande passion : la lecture. Je ne peux pas passer une journée sans lire. Quand j’étais toute petite, je prenais les journaux pour les lire. Puis tout livre que mon père lisait, je devais aussi le lire et en discuter avec lui. Ensuite j’ai commencé à écrire et très tôt, j’ai eu la conviction que je devais écrire un livre qui s’intitulerait : « Le but de notre existence », en plus d’un recueil de poèmes… Peut-être qu’un jour, je passerai à l’acte.

11- Je suis Baha’ie de religion. Etre Baha’i signifie aimer l’humanité, faire de son mieux pour la servir, travailler pour la paix et la fraternité universelles. Mon ouverture d’esprit provient de cela. Je n’ai plus une vision très contrastée de la vie depuis longtemps (enfer contre paradis, Dieu contre Diable).

Je crois que Dieu est Un, la religion est Une (avec de nombreuses révélations évolutives qui ont plus de points communs que de différences) et que l’humanité est Une quelles que soient les races qui la composent. J’ai quelques fois été victime de préjugés, mais la grande majorité de mes connaissances a reconnu à travers ma façon d’être, que ma Foi faisait de moi une personne meilleure.

Les 11 questions de David :

1- De quel pays êtes-vous originaire ?

Du Cameroun.

2- Où habitez-vous actuellement ?

Un pied à Dakar, l’autre à Johannesburg.

3- Quel est votre pays de Cocagne ?

La Terre… il y a trop de choses à explorer pour se fixer sur un endroit unique mais je tiens particulièrement à découvrir Istanbul en Turquie, Haifa en Israël, les Seychelles et l’Australie.

4- Quelle est votre profession ?

Médecin.

5- De quelle profession rêviez-vous quand vous étiez enfant ?

Enfant, j’ai toujours voulu un métier qui me permette de servir de la manière la plus effective possible le monde. Le métier de médecin est celui que j’ai toujours rêvé de faire.

6- Comment concevez-vous le mariage ?

Le mariage est à ma vue, une loi divine – bien que ça ne soit pas une obligation -, une institution sacrée, une forteresse de bien-être dans laquelle l’unité familiale peut se sentir protégée. 

C’est aussi l’une des plus grandes épreuves de la vie, car elle requiert le déploiement de qualités qui nous permettent d’avancer au final. Il faut être très persévérant, très tolérant et surtout très aimant pour arriver à faire 50 ans de mariage !

Bref, c’est une question de cheminement à deux, une recherche de l’équilibre qui aboutit à un épanouissement sur le double plan individuel et commun.

7- Votre position par rapport au mariage homosexuel ?

Je suis contre le principe du mariage homosexuel mais ce n’est pas à moi d’en décider. Je suis aussi contre les manifestations de haine en l’endroit des personnes homosexuelles. L’un des devoirs les plus difficiles de l’être humain est d’aimer et de respecter les autres, indépendamment de leur nature ou de leurs actes. C’est sur ce dernier devoir que je préfère axer mes pensées sans juger qui que ce soit.

8- Qu’est-ce qui vous a amené au blog ?

Il y a mille et une réponses à cette question. Je choisirai la plus simple : j’aime discourir. La preuve, ce texte est trop long ! Je n’avais pas d’autre choix que de bloguer. C’est un besoin de s’exprimer qui vient de très loin. Je donnerai une explication plus détaillée dans un prochain post.

9- Quels sont les sujets que vous aimez aborder dans votre blog ?

J’aime tout ce qui peut prôner l’unité. Nous ne sommes pas uniformes, nous sommes différents, divers, particuliers,…, c’est ça qui fait notre richesse, notre beauté. Ce sont ces expériences riches de couleurs, d’humanité que j’aime partager dans mon blog.

J’adore les messages poétiques parce que ça m’inspire trop et ça laisse mon âme trahir mes secrets les plus enfouis. C’est ce que j’appelle la « Soul Art ». Ça me permet d’être encore plus vraie !

J’aime enfin défendre des causes : celles des femmes, des enfants, de la santé mentale… et pour eux, je me battrais jusqu’à la dernière goutte de sang.

10- Quel est votre plus beau souvenir d’enfance ?

Ces moments d’unité familiale où quand je reviens des vacances de Buea, je trouve mes parents rajeunis peut-être parce qu’ils ont eu le temps de se reposer un peu de nos caprices et je constate avec joie, que ma mère a décidé d’agrandir notre garde-robe avec des vêtements qu’elle a cousus de son propre chef : machine à coudre, aiguilles, fil, patrons, tout y passe !

Un autre super moment, ce sont ces soirées-danses où mon père revient tout content à la maison, il sort les vieux disques et une fête s’improvise. Mon père, ma mère, mes frères et ma sœur, tous, nous nous mettons à danser et surtout à sortir les dernières pichenettes qui tuent ! Trop beaux souvenirs que j’espère revivre avec mes enfants…

11- Combien d’enfants aimeriez-vous avoir ?

Trois bébés d’amour, inch’Allah.

Bien qu’il y ait des blogs que j’aime profondément, j’essayerai de ne pas taguer une personne qui l’a déjà été de peur que ça ne soit contraignant pour elle de répondre doublement aux questions. Il y a aussi d’autres blogs, parmi mes nominés, dont je ne connais pas particulièrement l’auteur mais j’estime qu’ils méritent largement d’être mentionnés.

Les 11 blogs que je nomme :

1- Faty Kane avec Le Royaume des humains : son cynisme est implacable et ses luttes sont les miennes.

2- Rijaniaina avec Gasikara j’aime la faire bouger : mon binôme est un féru des TIC. J’apprécie beaucoup l’esprit qui se dégage de son blog.

3- Immigré choisi avec son journal de bord à la poursuite du bonheur : c’est un super blog. J’aime tous les sujets qu’il aborde !

4- Jérôme Osman avec L’Autre Haiti : il ne manque pas de souligner tous les problèmes auxquelles son merveilleux pays est confronté.

5- Nelson Simo avec Regards de Sikanel : Nelson est le champion des métaphores. Il a une sensibilité et une capacité d’analyse étonnantes.

6- Émile Bela avec la Chronique des Temps Nouveaux : sacré Émile, il se bat de toutes ses forces pour la transparence en Côte d’Ivoire.

7- Boukary Konaté avec L’info depuis les villages maliens : son blog très éducatif est tout simplement impeccable que ce soit dans le fond ou la forme, vraiment digne d’un Bobs !

8- Thierno Diallo avec Rivières du Sud : Thierno nous permet à travers son blog de suivre l’évolution de sa Guinée natale.

9- Francoperen avec Mes Réalités du Monde : c’est un mondoblogueur de la première génération, que j’ai beaucoup lu, et qui m’a donné l’envie de rejoindre cette grande famille.

10- Olivia Mukam avec Kmer Thoughts, Reflections and Experiences : Olivia est une jeune camerounaise très dynamique. Son blog en anglais est une immense source d’information et d’inspiration pour tout jeune entrepreneur.

11- Andréa Bomo avec le blog bilingue My African Chronicles : j’apprécie beaucoup la teneur des réflexions d’Andréa. J’y retrouve une touche de Soul Art.

Mes 11 questions pour les nominés :

1- Quel est votre plus grand vœu ?

2- Quel est votre crédo ?

3- Pour vous, quel est le but de la vie ?

4- Aimez-vous votre métier ? Pour quelles raisons ?

5- Quelle est votre personnalité préférée ? Pourquoi ?

6- Qu’est ce qui vous a le plus influencé durant votre enfance ?

7- Que pensez-vous de la modernisation de la société ?

8- Est-ce que la dot existe dans votre pays ? Qu’en pensez-vous ?

9- Quelles sont vos positions sur le communautarisme ?

10- Pour quelles raisons bloguez-vous ?

11- Que dites-vous du Liebster award ?

À vos plumes !

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Article : La Terre n’est qu’un seul Pays
Mémoires
20
4 mai 2013

La Terre n’est qu’un seul Pays

Je suis Pionnier 

Pionnier
Le pionnier. Crédit photo : ToOliver2 on Flickr

Partir de chez soi à la l’âge de 22 ans n’est pas facile surtout si cela signifie traverser l’Atlantique dans une aventure digne du capitaine Cortés. C’est l’expérience suprême d’une vie de découverte, d’apprentissage et d’humilité à laquelle aucun jeune du 21° siècle ne devrait déroger.

Mon histoire ici n’a rien d’extraordinaire, rien de mystérieux ou d’attirant : je suis un étranger normal dont la vie n’a rien de ressemblant à l’absurde vécu par un Meursault.

Si je dois retenir quelque chose de mon exil brésilien, c’est la rencontre des lusophones africains, mais souvent laissés-pour-compte faute d’une identité linguistique avec le reste du continent.

Ceci est un hommage à nos frères…

Grâce à cette communauté lusophone d’Afrique que j’ai découvert l’art culinaire cap-verdien, apprécié la Cachupa, un plat fait à base de maïs et de haricots, renforcé par de la viande de porc.

Cachupa
Plat de Cachupa. Crédit photo : Xandu/ Wikimedia Commons

Une des merveilles du Cap-Vert, c’est aussi la boisson très alcoolisée qu’on prépare avec de la crème de lait – concentrée – dosée d’alcool de la canne à sucre… un vrai délice qui embellit nos soirées folles avec nos femmes et nos amis.

Les guinéens sont friands d’huile de palme exagérant parfois en termes de quantités.

En Afrique francophone, les gens se demandent parfois comment et pourquoi les brésiliens savent jouer au ballon comme des dieux ? Simple : ils jouent tous au futsal et deviennent vite des artistes-en-petit-espace.

Et puis j’ai appris que les africains faisaient du bruit partout où ils étaient ; dans les immeubles, en marchant tard dans les rues. Ce qui n’est pas tout à fait faux, puisqu’il s’agit plutôt de notre vitalité qui se transmet même dans le langage. Les brésiliens aussi font du bruit, mais avec leurs voitures au son amplifié par des baffles surpuissantes, qui font bouger mon immeuble chaque fois qu’ils passent devant mon domicile. Comme on dit ici : « cada doido sua mania » (1). 

Enfin, les angolais traînent partout leur mal-être, causé par une situation politique de plus en plus préoccupante, un président qui s’éternise au pouvoir sans en partager les gains, le boom pétrolier et les chiffres sur la croissance cachent une ségrégation raciale qui divise le pays. Ils sont également surprenant d’intelligence tout comme les mozambicains. 

Serge Katembera

(1) A chaque fou sa propre manie.

~°~

Esprit libre, je m’appelle Citie

Perchée sur les collines de l’Imerina, assise, mélancolique, ma vue se perd dans l’étendue des rizières malgaches. Ces rizières qui, vues d’avion, ressemblent à des vastes terrains de football… Si seulement j’avais su à quel point j’allais t’aimer !

Antananarivo
Tana, vue du Rova à partir d’Ankatso.                                             NathyK ©

Madagasikara, tiako be ianao (2)… ça fait longtemps que je veux te le dire… 9 ans déjà, 9 ans comme 9 mois, 9 ans que cette terre me porte, 9 ans que la Grande Île me gave de son vary soasoa (3), 9 ans que j’emprunte inlassablement les escaliers d’Ambanidia pour le Rova, 9 ans que je respire le parfum exquis des jacarandas du lac en cœur d’Anosy, 9 ans que mon salut est chanté en Manao ahoana ooo (4)…

9 ans que tu m’habites, 9 riches années qui ne m’ont pas laissée repartir les mains vides. Mada, je vais te quitter. En moi, j’emporte un trésor : ton fihavanana… Madagasikara ma mère, Madagascar ma terre, oserai-je t’appeler étrangère ? Moi ta filleule ?

Madagasikara, tu m’as tout léguée, tes bras m’ont bercée, tes pierres m’ont polie, mes pas sont aguerris. Tu as accueilli la fille, tu as donné vie à la femme et Citie je suis et je resterai par amour de mon île.

Le Cap
Bus de visite touristique à Cape Town.                                              NathyK ©

Et depuis je m’appelle Citie et je vis ici. Je vis où je ris. Je ris où je vis. Ici c’est Douala, ici c’est Dakar, ici c’est Johannesburg, ici c’est Maseru, ici c’est Yaoundé, ici c’est Mbabane, ici c’est le Cap, ici c’est Majunga, ici c’est Antananarivo, ici c’est Maputo, ici c’est là-bas, là-bas c’est ici, ici c’est partout. Ici, c’est ma ville, là-bas c’est mon pays, partout c’est ma patrie. Et depuis, je m’appelle Citie et je suis citoyenne.

NathyK

La Terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens.

Bahá’u’lláh

(2) Madagascar, je t’aime beaucoup.
(3) riz pâteux que l’on consomme le matin en guise de petit-déjeuner.
(4) bonjour en Malagasy.

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Article : Le Tandem Dakar-Paris se raconte
Culture
8
1 mai 2013

Le Tandem Dakar-Paris se raconte

Tandem Dakar-Paris
Tandem Dakar-Paris 2013                                   Source : Institut Français

Lors de l’enregistrement de l’émission de l’Atelier des Médias qui a eu lieu le 12 du mois d’Avril 2013, j’ai accepté l’invitation à prendre part en tant que blogueuse aux activités du Tandem Dakar-Paris, un espace de partage artistique, culturel et intellectuel.

« Le Tandem Dakar-Paris est un véritable dialogue interculturel qui s’est institué entre les deux capitales… preuve d’une longue et belle amitié, depuis le temps du Président-poète Léopold Sédar Senghor. »

Cette année, les activités seront réparties sur trois mois, du 29 Mars au 28 Juin, dans plusieurs endroits de la presqu’île : de l’Institut Français au Cinéma Christa en passant par la Biscuiterie Médina. Les quartiers de Dakar ne seront pas en reste quand il s’agira d’exposer l’Art Urbain. Mille occasions agréables de découvrir ma ville d’accueil.

Mes copains de Mondoblog et moi-même avons déjà assisté à trois activités et pas des moindres :

  • l’Atelier Mondoblog/RFI qui s’est tenu du 06 au 13 Avril à l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) ;
  • le lancement de l’application mobile Ndakaaru couplé avec l’émission de France Inter « l’Afrique enchantée », présentée par les grands Solo Soro et Vladimir Cagnolari, le 09 Avril à la Galerie le Manège ;
  • et enfin l’enregistrement de l’émission de l’Atelier des Médias au théâtre de verdure de l’Institut Français. Cette édition était spéciale « Mondoblog » puisque Ziad Maalouf et son équipe dynamique ont permis   à la « Génération Causante » d’exprimer par leurs propres mots, leur amour du blog et leur désamour du riz 😉

Que dire du bonheur et de l’ouverture que ces activités uniques m’ont procurée ! Rencontrer des personnes aussi intéressantes les unes que les autres, venant des quatre coins du monde, des Caraïbes à Madagascar… échanger tous en tant que citoyens du Monde a été très enrichissant !

Aujourd’hui, je poursuis la ballade du Tandem Dakar-Paris avec mes collègues dakarois.

RAMATA est le titre du film que je suis allée voir le 28 Avril dernier. C’est de prime abord le titre d’un roman, celui d’Abasse Ndione qui a ensuite été adapté et réalisé en 2008 par le cinéaste congolais Léandre-Alain Baker. C’est un drame de 90 minutes, qui met en avant le célèbre mannequin Katoucha Niane de la Guinée Conakry et la chanteuse et comédienne d’origine martiniquaise Viktor Lazlo.

« Ramata, femme d’une beauté envoûtante, la cinquantaine, mariée à un ministre, vit aux Almadies. Ngor Ndong est un petit malfrat de vingt-cinq ans, fort et mystérieux. Un soir, au hasard d’un taxi, ils se rencontrent et Ngor Ndong entraîne Ramata dans les bas-fonds de Dakar. Elle va s’émanciper pour vivre ce qu’elle croit être le grand amour. Hélas, très vite, elle est abandonnée par son jeune amant… »

Qui n’aimerait pas aller voir un film dont le résumé est si provocateur ?

Depuis cinq jours, je fantasmais déjà à l’idée de me retrouver dans une salle de cinéma. J’avoue que ça faisait cinq ans que je n’y avais pas visionnée de production africaine, depuis la fermeture du Cinéma Abbia à Yaoundé.

Moi qui avais été privée de tous ces petits loisirs de jeunesse, ces petites douceurs pimentées que sont le cinéma, les après-midi piscine, les matinées et les kermesses. En 2008, j’étais donc à l’Abbia, à l’avant-première de « Les Confidences », joué principalement par Thierry Ntamack, Patrice Minko’o (alias Koppo) et Clémentine Essono. C’était génial, palpitant, enivrant de voir ces jeunes acteurs africains projetés devant ce grand écran dans cette salle si sombre et en plus en leur présence !

J’avais aussi rattrapé un bout de ma jeunesse en Afrique du Sud, mais tous les films à part Spud étaient des blockbusters. C’est donc avec plaisir que j’attendais de me replonger à nouveau dans la noirceur d’une salle de cinéma pour contempler les visages noirs de mes origines. Plaisir si rare !

C’était décidé ! Dimanche 28 Avril 2013, je verrai RAMATA qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige ! Mais aller voir un film tout seul, n’est pas rigolo. Deux amis, mon fils de 18 mois et moi-même embarquâmes dans le taxi jaune-noir dakarois. Et hop, à 18 h 30 piles, nous étions devant l’Institut Français. Après les formalités de sécurité (fouille), je décidai de m’avancer vers la porte dont l’écriteau affichait « CINÉMA » et puis ce fut la fin de l’aventure. Non, je rigole.

Le gardien me coupa net. Il n’y a pas d’activité aujourd’hui ! Non, c’est pas vrai, j’ai pas halluciné, j’ai pas fantasmé pour rien là, hé ho ! Je ne voulais pas passer pour ridicule devant mes amis. Quoique mon téléphone fonctionnât à 1% de batterie, je pris le risque de le rallumer et de chercher la preuve que je n’avais pas rêvé.

Je consultai donc rapidement l’affiche Tandem Dakar-Paris que j’avais téléchargée quelques jours plus tôt et j’ouvris grand les yeux pour lire ligne par ligne le texte zoomé. Oui RAMATA, c’est bien le 28 Avril 2013 à 18 h 30 mais où ? tic tac tic et voilà, c’est là que je vis le grand cercle jaune dans lequel était frappé « les dimanches grand public au Cinéma Christa ». Comment avais-je pu louper ça ? Qu’importe ! Et hop, nous revoilà dans un autre taxi, cette fois vers la route de l’aéroport. Et oui, pas question d’abandonner RAMATA, quitte à prendre le film au milieu…

Ta ta ta, pa pa ma… Mon fils commence ses vocalises. Il se demande surement ce qu’on fait tous assis dans l’obscurité. Je suis arrivée sur une scène dramatique : un homme trouvé mort, une arme à feu à la main… une femme en choc, surement son épouse … défilements d’images vides de sens. Je voyais tout mais ne saisissais rien.

Katoucha
Katoucha Niane, rôle principal dans Ramata.            Source : sagabardon

Rapidement, nous sommes passés à 25 ans plus tôt. Au moment où je commençais à m’accrocher, nous étions déjà à 15 ans plus tard et je ne comprenais toujours pas grand-chose à part qu’il y avait cette femme-là, RAMATA, qui était très triste, dépressive même car elle avait la mine défaite, le cœur en pleurs et les remords comme seuls compagnons. L’amertume l’habitait. Elle avait deux amies qui essayaient tant bien que mal de prendre soin d’elle, mais rien n’y faisait. C’était presque impossible d’alléger son fardeau et c’est sur cette image de visage affligé et perdu que les écritures ont commencé à défiler et je me suis rendu compte que c’était la fin. Oui la fin des fins. Vous avez compris quelque chose ?

Heureusement que je n’étais pas toute seule. Avec mes amis, nous avons reconstitué un semblant d’histoire, à partir du résumé et de la moitié que nous avons visionnée :

25 ans plus tôt, RAMATA, cette femme puissante, mariée à une personnalité influente, avait écourté, d’un coup de talon, la vie du vigile qui avait refusé de lui ouvrir les portes d’une clinique, parce qu’elle n’avait pas de laissez-passer. Le médecin, un ami, était venu avertir son mari. L’affaire a pu être dissimulée. Des années plus tard, RAMATA décide de connaitre les délices de l’adultère, malheureusement le prix à payer est trop fort. Son amant, ce petit bandit va s’évaporer aussi vite qu’il aura apparu. Elle apprendra ensuite qu’il est le fils de sa victime, le vigile. Son mari dépassé, perdra la vie (apparemment par suicide). Elle sera donc laissée toute sa vie en proie aux tourments, mais trouvera un léger réconfort après avoir rendu visite à la veuve de sa victime.

RAMATA, c’est toute une histoire, une histoire de passion au revers amer.

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Article : Je m’appelle Thiat et je suis lutteur
Culture
17
23 avril 2013

Je m’appelle Thiat et je suis lutteur

Lutte au Sénégal
Lutte au Sénégal                                                                      Source : Google

Paratatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatata !!!   Weeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeh !!!

Non, il n’y a pas de tremblement de terre au Sénégal, je vous rassure ! Pas d’éclatement de feux d’artifice : nous ne sommes qu’en Février et nous ne suivons pas le calendrier chinois. Ce n’est surtout pas la guerre civile : Wade a passé le bâton de commandement à Sall depuis belle lurette. Et non, encore non, les pseudo-djihadistes du Mali n’ont pas encore élu domicile ici.

Alors c’est quoi ?

Paratatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatata !!!   Weeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeh !!!

Encore !

Le ciel menace de tomber sur ma tête. Le plafond va s’écrouler, le lustre vacille et je me demande si je ne vais pas m’évanouir. Ne vais-je pas perdre l’ouïe à cause de ce bruit assourdissant ? Mais je résiste, je prends mon courage à deux mains. Hors du domicile, je me retrouve noyée dans une marée humaine.

Thiat 221, grand lutteur du Sénégal, vient de remporter son combat !

Les enfants continuent de dévaler les escaliers en vitesse, direction la rue. Les hommes, les femmes, tout explose ! Les émotions volent en éclats. Le quartier grouille de monde. Pas un seul endroit praticable. Les deux voies du quartier de Niary Tally sont réquisitionnées par ses habitants. Les klaxons résonnent et les pétards détonent ! Ils se dirigent vers une place connue de tous. Nous allons attendre Thiat chez lui ! Nous allons le recevoir en grande pompe.

Thiat vient de gagner ! Niary Tally vient de gagner !

L’enfant Sérère a fait connaitre la couleur de Niary Tally dans le pays. Désormais quand le touriste, coincé dans les embouteillages, jettera un regard furtif sur les publicités géantes, fièrement érigées sur les rues dakaroises, il saura qui est Thiat 221 : un lutteur à l’avenir très prometteur !

C’est alors que ce souvenir daté de deux mois frappe ma mémoire. Lorsque j’étais en grande conversation avec une amie, trois grandes Sénégalaises à la mine sérieuse, entrèrent en trombe dans la pièce. Je fus sur le coup intimidée…

Les salutations furent brèves. Elles débitèrent une pétarade de mots en wolof. Elles faisaient des gestes amples avec leurs mains. Je ne me sentais plus en sécurité. Leur vocifération aura duré une éternité pour moi. Finalement, je vis la plus grande d’entre elles sortir un billet de cinq milles balles de son boubou mauve et les remettre péniblement à mon amie.

Cette dernière beaucoup plus sage que je ne l’avais crue s’empressa de le leur offrir en retour pour qu’elle puisse étancher leur soif et calmer leur colère. Le cœur plus disposé à sourire, les trois Sénégalaises me gratifièrent d’un regard bienveillant et s’éclipsèrent aussi brutalement qu’elles étaient apparues.

C’est alors que mon amie m’expliqua que ces jeunes dames étaient très remontées parce qu’une poignée de supporteurs d’un lutteur dénommé Thiat avait osé se désolidariser du grand groupe, décidant de confectionner leurs tenues de fans à part. Alors qu’au départ, elles avaient monté ensemble un programme bien ficelé, pour aller acclamer Thiat lors de son prochain combat.

La camerounaise que je suis, fus abasourdie devant cette excuse. Moi qui croyais que c’était une question de vie ou de mort qui avait suscité une telle déclame ! Mais, non il ne s’agissait que d’une banale histoire de lutteur et de tee-shirts. Grave erreur de ma part ! Je ne savais pas encore qui était Thiat 221, l’enfant béni de Niary Tally.

Thiat 221
Thiat, la star des jeunes.                                                                NathyK ©

Heureusement que je pus me rattraper. En effet, ma copine connaissait particulièrement ce lutteur. Elle promit de me mettre en contact avec lui. Quelques mois plus tard, Bakar Sarr dit Thiat nous révéla son parcours en ces termes :

Je m’appele Thiat. J’ai 26 ans. Je suis lutteur sénégalais et j’habite à Niary Tally. J’aime la lutte depuis mon enfance parce que mon oncle et mon père étaient des lutteurs. Je suis issu de l’ethnie Sérère et dans mon village, tout le monde aime la lutte.

Quand j’étais petit, mon idole était Yékini, le plus grand lutteur du Sénégal. Ce qui m’a plu chez lui, c’est son caractère intrépide. Il a fait connaitre le peuple Sérère à travers la lutte. Nous sommes tellement fiers de lui que chaque année, tous les villages Sérères organisent une grande fête à l’honneur de Yékini.

Avant, je travaillais sur les bateaux. J’allais à la mer en pirogue, pour pêcher du poisson avec mon oncle. J’ai participé à beaucoup de tournois au village puis en 2009, je suis venu à Dakar et j’ai démarré la lutte avec frappe. A ce jour, je comptabilise 6 victoires et 3 défaites.

Mon plus grand combat a été avec Niary Har. Dans ce combat, je partais comme perdant parce qu’il est beaucoup plus grand que moi. Mais je l’ai terrassé parce que j’ai suivi les conseils de mon coach : l’attaque et le silence. Je suis à ce niveau grâce à mon entraineur, mes supporters et mes sponsors. Il y a par exemple, Ndoukoumane Immobilier qui prépare 300 tee-shirts, pour mon combat avec Dolph le 10 Mai.

Les enfants m’aiment aussi beaucoup. Ils viennent souvent chez moi et je leur offre des pâtisseries. Beaucoup parmi eux rêvent de devenir lutteur. Il faut aider les jeunes. Quand je gagne des combats, c’est pour la jeunesse avant tout. Je donne beaucoup de conseils aux enfants qui viennent me voir surtout aux plus têtus. Je les encourage à poursuivre leurs études.

J’arrêterai avant mes 45 ans. J’ai beaucoup d’autres projets que je suis en train de mettre sur pied. Je compte beaucoup investir dans l’élevage et la pêche. Je souhaite faire beaucoup de choses pour les jeunes.

Le lendemain de notre entrevue, Thiat s’envola pour les États-Unis, pour y préparer sa prochaine rencontre contre Dolph.

Nous l’attendrons dans l’arène le 10 Mai !

~°~

NathyK

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Article : Focus sur Florian Ngimbis, le Kongosseur
Société
8
20 avril 2013

Focus sur Florian Ngimbis, le Kongosseur

ngimbis
Florian Ngimbis                                                                                   NathyK ©

Il y a tout juste deux semaines que j’annonçais à une amie que j’étais retenue pour huit jours de formation en initiation au journalisme et aux outils numériques organisée par Mondoblog-RFI ici à Dakar. Il n’y a pas eu de : « ma copine, je suis contente pour toi ohhh ». Non ! Sa réaction immédiate et frénétique a été plutôt : « alors Ngimbis, il sera là ??? ».

Nous l’avons compris depuis longtemps, Florian Ngimbis, Prix du meilleur blog francophone The Bobs 2012, a des milliers (voire plus) de fans dans le monde et c’est tout naturellement que nous sommes partis à sa rencontre, ce mois d’Avril 2013 à Dakar.

Pour ceux qui n’ont jamais rencontré le Kongosseur friand de lianes et de Castel, c’est un petit modèle, aux yeux tout ronds. Ces yeux doux, malicieux, rieurs, rêveurs font toute la particularité de Florian. La vivacité de ses yeux n’ont d’égal que la profondeur de son rire. C’est à travers ces fenêtres qu’il scrute le monde alentour et le ridiculise !

Il est très ouvert, blagueur, mais parfois très calme. Bref, c’est un Monsieur à la tête bien faite qui ne se prend pas trop au sérieux. C’est donc sans gêne qu’il a accepté de se livrer à vous fidèles lecteurs. Florian le dit lui-même : il ne peut rien nous refuser !

Alors, Florian présente toi à tes lecteurs :

Florian Ngimbis, blogueur. Je blogue sur la plate-forme Mondoblog. Mon blog s’appelle Kamer Kongossa.

Peux-tu nous dévoiler ton parcours académique et professionnel ?

J’ai un parcours assez atypique. J’ai commencé par la fac mais je crois que je n’avais pas les atomes crochus pour la fac . J’ai fait trois ou quatre filières (Histoire, Lettres, Sociologie et Anthropologie) qui ne m’ont pas convaincu. Du coup, j’ai abandonné et je me suis lancé dans la vie active : les petits métiers, etc. Ça ne m’a pas convaincu non plus.

Et j’ai décidé de faire le concours de l’ESTIC qui est l’Ecole des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication. La plus grande école du pays en terme de communication et j’ai été reçu. Et là, j’ai opté pour une filière qui n’est pas du journalisme, qui n’en est même pas du tout : c’est l’information documentaire.

Et après ma licence, je me suis lancé dans la vie active, et je me suis spécialisé en informatique et ingenieurie documentaire. J’ai ouvert dernièrement une boite de Social Management c’est-à-dire gestion des réseaux sociaux. Ça c’est avec l’expérience que m’ont donné plusieurs formations que j’ai effectué dans le domaine et surtout avec ma notoriété de blogueur. Je me suis lancé dedans, je suis devenu Community Manager. Nous faisons de la prestation en matière de communication digitale sur internet et les réseaux sociaux et ça marche plutôt bien.

J’ai cru lire sur ton profil Twitter que tu es un « écrivaillon ». Que signifie ce terme ?

Je cultive un peu l’autodérision. En 2008, j’ai été Prix du jeune écrivain francophone et beaucoup de gens disent que je pourrais écrire et me positionner comme un grand auteur par rapport au Cameroun qui est mon pays.

Moi franchement, ça me fait rigoler. Je ne dis pas que c’est impossible mais je suis dans une posture d’autodérision donc du coup si on me demande si je suis écrivain, je dis : « ouais, je suis un écrivain, un gratte-papier, je m’essaie à produire des textes, etc ».

Il faut quand même dire qu’en ce moment, j’ai un roman qui est en préparation et qui normalement devrait être terminé dans les mois qui viennent.

De quoi va parler ce roman ?

Mon roman sera un peu, comme mes articles de blog, qui sont des chroniques, des instantanés de la vie camerounaise… mais très court vraiment. Des histoires synthétiques pour captiver le lecteur tout en évitant de le saouler.

Mon roman sera une espèce de prolongement, une histoire véritable. Ce sera écrit dans le même style. Mais sur la longueur, on aura des personnages compacts, consistants et la chaîne narrative sera plus dense. C’est ça !

Je ne peux pas donner des détails. Je n’aime pas trop parler de mes projets. Mais si vous lisez les articles, on aura des histoires dans le genre. Pas une seule, mais plusieurs petites histoires de ce genre encastrées dans une longue chaîne narrative. Ce sera très intéressant, je pense.

Très intéressant tout ça ! Tu as déjà un titre ?

Non, je n’ai pas encore de titre. Je galère vraiment pour trouver des titres, même pour mes articles. C’est pour ça que j’ai inventé un concept qui consiste à mettre la formule : « je suis camerounais, une virgule et l’objet du billet ». Je galère vraiment en titre, ça me prend parfois des heures, des jours carrément pour trouver le titre d’un article.

Et finalement ce concept-là, il marche bien… parce que dès que l’on voit ce titre : je suis camerounais,… on dit, c’est Florian qui a encore frappé et tout le monde se rue sur le blog !

(Rires) Oui c’est un peu comme un label déjà. Je l’ai fait au départ par paresse pour ne pas avoir à trouver des titres, des vrais titres. Mais je me suis rendu compte que non seulement quand on lisait ce titre, on avait déjà l’identité même du blog qui ressortait parce qu’on savait que c’est ce blog là, c’est Kamer Kongossa de Florian et en plus ça me simplifiait la tâche et je suis content de savoir que ça marche.

Il y a des textes que tu as écris et publiés bien avant. Peux-tu nous parler de ces textes-là ?

Oui, j’ai écris des textes avant. J’ai surtout écris une nouvelle avant, comme je l’ai dit, c’était lauréat du prix du jeune écrivain. Mais en réalité, la nouvelle avec laquelle j’ai gagné le prix s’appelle Photo-finish et si vous la lisez, vous allez vous rendre compte qu’elle n’est pas du tout dans la même veine que ce que je fais maintenant.

C’était bien écrit, j’imagine que c’était bien, mais ce n’est pas vraiment pas moi ! Je crois qu’à cette période, j’étais à une espèce de carrefour et je cherchais mon style, ma voie et c’est en commençant petit à petit avec mes chroniques que je me suis senti plus à l’aise.

La nouvelle pour le prix, m’a valu six mois d’écriture or mes textes, mes chroniques que je rédige actuellement, je les rédige en 1h au maximum. Je suis plus à l’aise, plus libéré quand j’écris maintenant. Je ne me contrains pas, je m’amuse !

Alors, quel est le contenu de votre blog ? Parle-nous de ce contenu très particulier.

Kamer Kongossa, je le veux la vitrine du Cameroun. Nous avons un pays formidable ; le Cameroun, qu’on appelle l’Afrique en miniature. Je crois que les choses qui se passent dans notre pays, la culture de notre pays, les tares même de ce pays devrait être relayées. Le monde gagnerait à connaître le Cameroun !

C’est dans cette posture que je me suis positionné. Du coup, je raconte des petites scènes de vie, les aventures qui m’arrivent, parce que j’ai une vie assez mouvementée. Je vis à Yaoundé, une ville qui ne dort presque pas. Du coup, il m’arrive plein de trucs, des trucs banals pour un camerounais, mais qui mis à ma sauce et avec ma manière de raconter donnent des textes qui plaisent aux gens.

Voilà ! Donc je n’invente rien. Tous mes textes sont des choses qui m’arrivent mais je ne voudrais pas rester dans un aspect ludique simplement. Je voudrais insuffler cette pédagogie parce que je voudrais voir mon pays avancer. Donc, au delà du rire, au-delà de plein de choses que je raconte et qui amuse les gens, j’ai un message que je passe, une espèce d’engagement que j’assume et qui me rend fier de mes textes.

En réalité, moi, ce pourquoi j’écris en fait, ce n’est pas seulement pour apporter cette petite joie aux gens, parce qu’il y a des gens qui me disent : « quand je lis ton texte, je l’attends comme un comprimé et quand je le lis, il fait ma journée, il fait ma semaine », mais ce n’est pas seulement ça !

C’est faire avancer la société camerounaise. C’est ça aussi mon but. Et j’ai des textes plus ou moins politiques que je publie aussi, des textes vraiment engagés, là où on ne rit pas. Du coup (le énième 🙂 )… Kamer Kongossa, c’est le Cameroun, rien d’autre que le Cameroun !

Justement, tu te positionnes dans ton blog comme un anti-Biyahiste, un anti-Roi Lion. Est-ce que cela ne t’a pas valu quelques désagréments ?

Pour l’instant, non. Je l’ai écris dans un billet un jour ; chez nous, la liberté est un peu comme la liberté du chien qui aboie et la caravane continue de passer. On a retiré à la presse, aux médias, cette notion de quatrième pouvoir, cette substance-là où on a beau écrire et ça ne change pas grand-chose. Mais, c’est un peu différent avec le blog et les réseaux sociaux, parce que nos dirigeants, notre Roi-Lion en l’occurrence, n’aiment pas avoir cette mauvaise visibilité qu’on exporte or les médias camerounais se vendent à l’intérieur du Cameroun mais un blog, il est lu dans le monde entier ! Et cette mauvaise publicité parfois, quand elle est relayée à grande échelle dans le monde, gène nos états.

Je reçois des mails souvent très bizarres, c’est vrai. Des mails des gens qui me disent : « tu ne devrais pas faire ça,…, ce n’est pas bon, tu exposes notre pays, etc. ». Je reçois aussi les mails des gens qui s’inquiètent pour moi, qui me disent : « attention ! Tu dis les choses de façon trop juste, trop crue, on ne sait pas, quelque chose peut t’arriver… ».

Mais concrètement, je n’ai jamais eu de problèmes avec qui que ce soit. Surtout que je prends des précautions. Parce que, je ne m’attaque pas aux personnes, je ne cite pas de noms. Je m’attaque à des concepts, à des idées : la mal-gouvernance, la corruption, etc.

Je ne m’attaque pas frontalement à des gens… c’est vrai que le Roi-Lion, je le titille de temps à autre, ça s’est bien connu. Mais j’évite de m’attaquer aux gens. C’est ça qui fait que parfois, on se retrouve dans des situations assez bizarres.

J’ai pu remarquer dernièrement que tu as créé un nouveau site : www.kamer-kongossa.com Pourquoi cette double représentation ? Est-ce pour les publicités ou l’argent des publicités ? (rires)

Ouais, il y a un peu de ça. C’est-à-dire que la plate-forme à laquelle on appartient, Mondoblog n’est pas une plate-forme publicitaire, ça veut dire qu’on ne peut pas y mettre de la publicité. On ne peut pas y gagner des sous. Or, j’arrive à un niveau de notoriété ou de visibilité où les gens m’interpellent, me disent : « on veut faire des insertions publicitaires, on veut annoncer ».

Il est difficile pour un blogueur de gagner de l’argent avec son blog mais si ça arrive, mieux vaut en profiter, du coup, j’ai créé un prolongement de Kamer Kongossa qui est kamer-kongossa.com, le site web.

Là, ça ne se passe pas très mal mais je l’ai mis en standby parce que je n’étais pas prêt déjà. J’ai fait un lancement qui n’était pas un vrai lancement. Je dû le remettre en standby pour le peaufiner, le retravailler, notamment au niveau du design, c’est-à-dire, l’affichage sur les téléphones portables, les tablettes, etc. Mais le site sera bien lancé.

Si Mondoblog m’a donné l’opportunité de me faire un nom, je ne vois pas pourquoi, je ne prolongerai pas tout ça en gagnant de l’argent. On est des blogueurs, c’est vrai, on est aussi des idéalistes mais on est des hommes avant tout. Ce n’est qu’un cadeau que m’a donné cette visibilité.

Est-ce que tu comptes faire migrer tous les billets que tu avais déjà publiés sur ton blog vers ton site ?

Non, non, non ! Mondoblog un jour, Mondoblog toujours…

Je veux dire, les dupliquer ?

En fait, il y a un problème avec les moteurs de recherche : ils n’aiment pas ce qu’on appelle les « duplicate contents ». Ça veut dire que lorsque l’on a deux billets identiques sur deux plateformes, il y a l’un des sites web qui baisse en terme de référencement.

Donc, je produis des billets pour le blog, je produis d’autres billets pour le site web. Je crois que j’ai de la matière à profusion, donc du coup ça ne pose pas un problème de migration ou alors d’intégration des billets sur l’une ou l’autre des plate-formes.

Quel est le billet que tu affectionnes le plus ?

(Rires) C’est difficile à dire parce que les billets que j’affectionne ne sont pas ceux qui ont le plus plu au public. Les billets personnels, où je retrace une certaine période de ma vie me plaisent beaucoup. Notamment, ceux de ma période d’adolescence au lycée, etc. Je crois que le billet que j’affectionne le plus : il y a le premier billet [sur le blog], « tout doux, le chien » [encore appelé les chiens de la dévaluation], mais il y a aussi le billet « Maître, mon Maître ».

J’ai un de mes maîtres de l’école primaire que je vénérais carrément et je racontais une aventure que j’avais eue avec lui. Il m’a appelé, dans une classe supérieure, j’étais en CE1, pour corriger un problème d’un élève de CM2 par ce que lui, il enseignait au CM2.

Du coup là, je tremblais, j’avais peur, etc. mais il m’a menacé, j’ai résolu le problème mais il avait promis de fesser le garçon si je résolvais ce problème et le garçon a reçu sa fessée sauf que moi quand je suis rentré, le garçon m’attendait à un couloir là, il m’a fessé quatre plus que ce qu’il avait reçu !

Et c’est un souvenir… quand j’ai appris qu’il est décédé, ça m’a touché ! C’est le billet le plus personnel que j’ai écris. Je ne me suis pas livré dans le billet c’est vrai, mais en l’écrivant, j’avais l’image de cet homme que je vénérais carrément : Mr Noah. Et c’est des pareilles choses qui me marquent ! Les autres billets, je les aime bien mais c’est celui là que j’ai écris avec le plus d’émotion.

Dans tes billets, tu traites de plusieurs problématiques ; dernièrement, tu as parlé des fous sur les rues de Yaoundé, de Douala, du Cameroun. J’avais d’ailleurs vu ce fou en action [celui du billet] dans mon enfance. Tu parles également de la Camerounaise Des Eaux [CDE],…, tu parles vraiment de divers thèmes. Quel est le problème du Cameroun qui te touche le plus ?

Le problème du Cameroun qui me touche le plus, c’est cette absence d’espoir. C’est-à-dire toute cette jeunesse qui est condamnée à ne plus espérer. Ça fait trente ans avec un même régime, trente ans de promesse, trente ans d’immobilisme !

Parce que les gens se disent : « voilà un régime qui est trentenaire » mais ils ne se rendent pas compte qu’il y a des jeunes gens qui sont aussi trentenaires, des gens qui n’ont connu que ce régime et nous avons carrément une génération perdue, une génération de jeunes gens qui ne savent pas ils iront parce que les conditions matérielles, culturelles… qu’on fasse dans la culture, la littérature, dans l’entreprenariat, il y a des blocages, énormément de blocages pour un pays qui a autant de ressources et c’est ça le problème.

On a l’impression que les 30 ans de régime de notre président actuel sont en fait trente ans de descente aux enfers et ceux qui en pâtissent le plus, c’est la jeunesse. Moi, je me soucie de ces jeunes, de ceux qui sont comme moi parce que j’en suis aussi une victime. De ceux qui sont comme moi, qui n’ont pas de visibilité, qui n’ont pas d’ouverture, qui sont carrément des laissés-pour-compte, à qui on promet chaque année des lendemains meilleurs qui n’arrivent jamais. C’est pour eux que j’écris ! C’est pour eux surtout que j’écris.

Je voyage beaucoup, je bavarde sur des plateaux télés, radio etc. C’est pour que de tous ces jeunes, j’en inspire au moins certains. On est dans la formation Mondoblog, il y a beaucoup qui sont devenus blogueurs parce qu’ils lisaient mes textes. Pour moi, c’est la meilleure des rétributions qui soient.

Faire comprendre à tous ces jeunes camerounais que rien n’est impossible, qu’on peut en y croyant. Mais aussi faire comprendre à ceux qui sont en haut, qu’il y a des blocages. Ce n’est pas parce qu’on en parle pas que nous n’en sommes pas conscients et c’est ça que je dénonce dans mes textes !

Et si tu avais un conseil à donner à la jeunesse camerounaise, ce serait lequel ?

Rêvez, il faut rêver. Malgré toutes les difficultés qu’on vit au quotidien, si on réussit en nous enlever la capacité de rêver, alors on est foutu ! Il faut rêver. Moi, je suis un grand rêveur, je rêve tous les jours et certains des rêves que l’ont fait se concrétisent sans même que l’on s’y attende. Il faut rêver !

En tant que grand-frère mondoblogueur, quelle astuce donnerais-tu aux jeunes blogueurs comme nous, et surtout aux jeunes blogueurs camerounais qui commencent à être très actifs dans la blogosphère ?

Être franc, être soi même ! Trouver sa voie. Le blog, c’est comme la voie du karma, la voie du Bouddha, etc. Il faut trouver sa voix. Lorsque l’on trouve sa voix, on est plus franc, on est franc envers soi-même mais surtout ceux qui vous lisent sentent que vous êtes francs. Quand on dit les choses qu’on connait, quand on dit les choses qu’on aime, on les dit toujours bien.

Ça ne prend pas beaucoup de temps quand on se met dans cette posture pour qu’on soit connu, pour qu’on soit respecté. Peu importe, on ne cherche pas la notoriété en termes de millions de personnes qui vous lisent. On voudrait que même les trente qui vous lisent, qu’ils sentent qu’ils font partie de vous, de votre blog, de votre communauté, que le message passe, c’est exactement ça. Il faut trouver sa voie et laisser parler ses émotions, c’est tout !

Pour découvrir le dernier mot du Kongosseur à ses lecteurs, écouter l’enregistrement audio ci-dessous :

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- NathyK : « Merci Florian, c’était Super ! »
- Florian Ngimbis : « Tu sais que je ne peux rien te refuser ! »

Rires.

Lire le dernier Kongossa de Dakar ici.

~°~

Propos recueillis par NathyK.

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Article : SENEGAL, Terre de la Teranga #3
Culture
18
6 avril 2013

SENEGAL, Terre de la Teranga #3

Après un long moment d’absence, notre autocar de tourisme propose à nos voyageurs mondoblogueurs, un aperçu de l’ambiance des rues de notre ville : Dakar, « the place to be » dans les huit prochains jours !

 

Car Rapide
Car Rapide, Dakar                                                            Source : Wikimedia

5. Car rapide, Tata ou Dakar Dem Dikk

« Bienvenue, vous êtes à bord du Dakar Dem Dikk… Merci de votre fidélité… Faites l’appoint de monnaie avant de monter, c’est votre devoir… Avancer au fond, c’est penser aux autres ».

Tels sont les multiples messages qu’on peut lire sur le tableau d’affichage situé à l’avant du gros bus bleu appelé Dakar Dem Dikk. C’est ce type de bus moderne aux sièges jaunes répartis sur les cotés et à l’arrière de l’engin, avec une cabine réservée au contrôleur, au milieu, près de l’exit.

Le design intérieur fait penser à celui d’un métro européen, principalement à cause des colonnes plantées tout le long du bus qui servent à s’agripper lors des tournants incisifs qui sont tout de même rares car la plupart des chauffeurs de ces bus sont lents et prudents.

Les bus sont très souvent bondés surtout en période de pointe et avoir un espace debout près de la vitre devient un privilège que seuls peuvent avoir les premiers occupants. Je suis arrivée à destination. J’appuie sur le bouton de signalement sur la colonne qui est la plus proche de ma main et je me dirige tant bien que mal vers la sortie, c’est-à-dire en m’insinuant agilement entre les voyageurs éreintés. Oufff ! De l’air pur sur mon visage 🙂

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Tata, c’est le nom du premier autobus que j’ai emprunté au Sénégal. C’était un grand bus blanc/bleu mais moins spacieux que le Dakar Dem Dikk. C’était le numéro 46 qui m’emmenait au Rond Point Liberté 6, non loin de mon lieu de résidence. Nous avions la chance d’être confortablement assises, mon amie et moi. Je me souviens que nous avions tellement sillonnés le quartier que j’avais l’impression que l’on tournait en rond.

A chaque carrefour, le bus s’arrêtait pour décharger les passagers arrivés à destination et en prendre d’autres. Les rues ou je devrais plutôt dire les ruelles – tellement leur étroitesse contraste avec les rues de Johannesburg ou de Yaoundé – étaient presque toutes protégées du feuillage d’arbres, révérés en période de chaleur. La chaleur au Sénégal, c’est une expérience épuisante à vivre du mois de Mai jusqu’en Novembre ! Le seul bénéfice de cette période, c’est la plage avec son lot de loisirs.

Pour mettre pied sur terre, nous prononçons la simple formule : « arrêt », à 50 mètres de notre destination. Par la suite, j’ai régulièrement emprunté ce bus surtout le matin, lorsque je me rendais à l’hôpital Fann. Mais son affluence et sa lenteur ont vite fait de me décourager. En effet, tant qu’il y a de la place pour poser un pied à l’entrée du bus et bien le bus n’est jamais plein !

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Je me suis donc rabattue sur les Cars Rapides. C’est espèce de car original multicolore, à la décoration surchargée ; on peut y voir, entre autre, des inscriptions : « Alhamdoulilahi » à l’avant du bus et « transport en commun » sur les côtés ; sur le capot, des gros yeux bien dessinés surmontés par des sourcils comme sur une vraie face ; sur chaque coté, un losange coloré, un oiseau et des fleurs dessinées ça et là. Bref, c’est une œuvre d’art ambulante sauf que l’intérieur fait plus penser à une pièce antique délaissée depuis des siècles.

L’apprenti vous apostrophe à 50 mètres du bus et vous accompagne même jusqu’à la porte arrière qui est l’entrée principale du petit autocar. Le geste gênant, c’est sa main qu’il pose sur votre dos pour vous encourager à monter à bord et bien souvent, elle n’est pas la bienvenue car vous allez en fait ailleurs.

A l’intérieur, le touriste ne manque pas de remarquer les grosses fenêtres libres sans aucune vitre qui laissent passer du vent. Idéales en période chaude, mais parfois elles exposent les passagers aux fréquentes odeurs nauséabondes provenant des canalisations souterraines défectueuses et débordés. Les larges flaques d’eaux usées, stagnantes sont malheureusement des images qui ternissent le paysage pittoresque de la capitale de la Teranga.

Les Cars Rapides sont vieux, aussi vieux que la première guerre mondiale. Presque tous ont un plancher troué. Attention à vos pièces de monnaie, vous risquez de faire le salaka* forcé et de n’en avoir plus assez pour donner ses 75 francs à l’apprenti. Gare aussi à vos pieds !

Dernièrement, j’ai été arrosé par les gouttes qui s’étaient infiltrées à travers ces interstices lorsque le car traversait à vive allure une nappe d’eau sale. Je me suis tout de même estimée chanceuse comparée à un ami à moi qui a écopé d’une vilaine entorse parce que son pied qui était pourtant dans le car s’est subitement retrouvé frôlant le goudron !

J’inspecte donc bien autour de moi, les sièges sont disposées de manière singulière : les deux premières rangées face à face, suivies de deux autres rangées sur chaque coté. Ce qui libère de la place au milieu pour les derniers arrivants qui se tiendront debout. Je guette l’apprenti. Il a disparu, puis comme par enchantement, je le vois refaire surface. En fait, il se tenait caché à l’extérieur du véhicule, derrière la porte… à l’affût du moindre client.

Tiens… un pied de chaussure poussiéreux en cuir ciré et paillettes roses est suspendu au plafond. J’ai ouïe dire que ce genre de chaussure sert généralement de gris-gris. Les Sénégalais croient tellement aux forces surnaturelles au point où tous les moyens sont bons pour se « protéger » ou attirer la chance et la fortune de son côté. C’est ce qui d’ailleurs explique les queues que l’on retrouve en bas et à l’arrière des Taxis, près du tuyau d’échappement. Non, ces queues de cheval ne sont pas un moyen ingénieux mis au point pour balayer les rues 🙂

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Parlons des Taxis : ils ne font pas le transport en commun mais qu’ils taxent chers ces sacrés Taxis ! 2000 ou 2500 francs pour une destination de 20 minutes… A Yaoundé, avec ce prix, on pouvait – je ne sais pas si c’est toujours le cas – se payer une course d’une heure où le Taxi nous accompagne durant toutes les étapes de notre trajet.

De toutes les façons ne vous laissez pas faire ! Le secret est de se renseigner en avance sur le prix approximatif des destinations voulues, chez un connaisseur. Puis aborder le chauffeur en lançant un fraternel Salam Aleykoum et lorsque de Liberté 6 à Fass bâtiment, il vous propose 2000 francs, répondez sans sourciller 800 francs, s’il insiste, vous lui dites 1000 francs rêk, il fera mine de s’en aller mais s’arrêtera 2 mètres plus loin et vous faire signe de monter.

L’ami Madigbè m’informait via un billet récent qu’il y a aussi des Taxis Sisters au Centre ville de Dakar. Vu que je ne fréquente pas les lieux huppés, je doute d’avoir un jour la chance de me faire conduire par l’une de ces femmes intrépides. Alors là, je ne pense pas pouvoir faire ma maligne avec mes « 1000 francs rêk ». Façon Taxi Sister là est même équipé de micro !

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Il y a aussi ce cousin du Car Rapide dont j’ai presque oublié de parler, celui qui fait la ligne Pikine – Castor – Fann. On les appelle les Ndiaga Ndiaye. J’ai l’impression que ceux là, on les a pris direct des camps de concentration allemands pour les recycler en taxi-bus sénégalais. Tellement, ils sont vieux, robustes, rouillés et encrassés.

Le premier que j’ai emprunté était décoré d’un tissu léger, dentelé, rouge vif, de mauvais goût, qui faisait office de rideau à chaque fenêtre. Il y en avait aussi entre chaque rangée, on se serait cru dans un funérarium. D’autant plus qu’il y avait toute une collection de photos de marabouts et de lutteurs accolées sur le pare-brise.

Il faut être vacciné contre le tétanos pour pouvoir emprunter ces cars. Les portières ne fonctionnent plus correctement, il faut des loquets pour pouvoir les faire tenir. Si le Ndiaga Ndiaye était un être humain, il serait un vieillard édenté rivalisant avec Usain Bolt.

Je les affectionne tout de même car là au moins, on a l’assurance de trouver une place assise et relaxante après une longue journée chargée. Pour signaler au chauffeur un arrêt ou une mise en marche, l’apprenti tape fortement de sa main ou à l’aide d’une pièce de monnaie la tôlerie du car.

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Enfin, il n’est pas rare d’entendre de ma fenêtre, tôt le matin, le bruit des fers d’un cheval qui remorque une charrette, transportant par ce moyen l’approvisionnement en gaz du quartier ou encore d’apercevoir de mon balcon des jeunes en patins à roulettes, accrochés à l’arrière d’un véhicule. Mais de toutes, la scène la plus insolite qui m’a été donné de voir, c’est celle des bœufs se faufilant entre les véhicules, dans un carrefour très embouteillé.

Il y a tant de moyens intéressants et amusants de se déplacer dans la capitale sénégalaise. Si j’avais à les classer, je dirais que le moyen :

  •   le plus moderne : le Dakar Dem Dikk
  •   le plus rapide : le Taxi
  •   le plus classe : le Taxi Sister
  •   le plus commun : le Tata
  •   le plus original : le Car Rapide
  •   le plus relaxant : le Ndiaga Ndiaye

Si vous n’êtes toujours pas satisfait du confort, alors achetez à crédit une rutilante 4×4 et allez frimer à Ngor-Almadies le Samedi soir !

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NathyK

salaka*: aumône
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La Terre n'est qu'un seul Pays

Auteur·e

L'auteur: nathyk
Femme, Épouse, Mère, Citoyenne, Scientifique, Poète, Passionnée, Souriante, Spirituelle, Ouverte,..., et Gentille ! Nathalie Mbenda Kangami voit le jour un bel après-midi de 19 Mai à Douala - capitale économique du Pays des Crevettes. Au cours des années 2000, elle poursuit une formation de Médecine Générale à Antananarivo, Madagascar. Par la suite, elle s'installe avec sa famille à Johannesburg, Afrique du Sud. Après trois ans d'expérience sud-africaine dont six mois dans le Royaume du Swaziland, elle décide de s’envoler pour le Sénégal afin de poursuivre une spécialisation en Psychiatrie à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour cette passionnée de l’Afrique, du Monde et de ses cultures, la vie est une belle aventure qui s’égrène chaque jour avec passion, légèreté et humour.

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